HGEC par Damien Gillot-Rouillard
Voici "Une guerre pour le Vietnam ? ", un jeu de rôle style "Livre dont vous êtes le héros" (LDVELH), inventé par Yvan Hochet en 2004.


1 vous êtes L.B. Johnson, Président des Etats-Unis en 1963. Vous remplacez J.F. Kennedy qui vient d’être assassiné à Dallas. Très vite, vous vous rendez compte de la difficulté de diriger une des plus grandes puissances mondiales en pleine guerre froide. Le camp communiste dirigé par l’URSS de Khroutchev essaie de gagner des alliés un peu partout dans le monde, y compris par la guerre. Le Vietnam est un des pays où votre camp et celui des «rouges» s’affronte : depuis le retrait des Français en 1954, l’ex-Indochine a été séparée en plusieurs pays, dont le Vietnam. Ce petit pays d’Asie est coupé en deux au niveau du 17e parallèle : au Nord, une dictature communiste dirigée par Hô Chi Minh, aidé par la Chine de Mao et l’URSS, au Sud un semblant de démocratie (très corrompue) que les Etats-Unis soutiennent à bout de bras. Mais comme en Corée dix ans plus tôt, le Nord a la ferme intention de récupérer le Sud. Votre prédécesseur, JFK, avait déjà commencé à envoyer des conseillers militaires américains pour entraîner l’armée du Sud-Vietnam et lutter contre les premiers maquis communistes.
La question est simple : continuez-vous cette politique ?
- si vous pensez qu’il ne faut pas risquer une guerre mondiale pour un pays si peu important (qui ne changera l’équilibre des forces), allez en 25.
- si vous pensez qu’il faut de toute urgence commencer une négociation diplomatique pour éviter une guerre (comme lors de la crise des fusées à Cuba en 1962), allez en 34.
- si vous penser que les Etats-Unis doivent aider militairement le Sud-Vietnam à se défendre contre l’agression communiste (sinon, c’est toute l’Asie du Sud-Est qui risque de devenir communiste en vertu de la « théorie des dominos »), allez en 12.



2: mais arrivés aux portes d’Hanoï (la grande ville du Nord-Vietnam), la Chine communiste de Mao, se sentant menacée, lance une énorme contre-offensive. Ses troupes sont mieux équipées qu’en Corée et mieux commandées. Elles sont surtout dix fois plus nombreuses ! Mauvaise surprise... Les Chinois vous font reculer... jusqu’à votre point de départ, le 17 e parallèle, où vous stoppez leur avance par des bombardements énormes sur leurs troupes avec vos avions B-52. Au bout de quelques semaines, le front se stabilise sur ce 17 e parallèle, votre ennemi et vous étant épuisés par un combat acharné et vain.
Que faire, puisque personne n’a gagné cette offensive militaire classique ?
- laisser tomber ce maudit pays ? Allez en 25.
- changer de stratégie en renforçant la défense du Sud-Vietnam ? Allez en 24
- écraser une bonne fois pour toute les communistes avec des armes nucléaires ? Allez en 20.



3: envahir le Nord-Vietnam devrait en effet être facile. Vous avez une armée très bien équipée et bien commandée, qui devrait balayer l’armée d’amateurs du Nord-Vietnam. En plus, une attaque avec des troupes classiques ne devrait pas déclencher un risque de dérapage nucléaire entre vous et l’URSS. Vous n’avez pas peur des troupes chinoises, que les Etats-Unis ont déjà repoussées dix ans plus tôt en Corée. Vous massez vos troupes
le long du 17 e parallèle, prêtes à l’attaque. Il suffira de trouver un prétexte pour lance l’attaque. Allez en 19.




4: vous décidez de vous montrer ferme face au camp communiste, en exigeant d’eux qu’ils fassent le premier pas en organisant des élections libres en Corée du Nord, ou à Cuba ou à Berlin-Est. Bien entendu, les chefs communistes refusent et la conférence échoue. La presse internationale, même celle de votre camp, vous accuse d’avoir été le plus maladroit des présidents des Etats-Unis et vous compare à Kennedy (que même les chefs communistes regrettent officiellement !).
Décidez-vous de laisser tomber ce maudit pays (allez en 11) ou bien décider de réagir en aidant militairement le Sud-Vietnam (allez en 12) ?




5: malgré votre armée moderne (notamment l’usage des hélicoptères) et nombreuses puisque vous avez décidé d’y envoyer de jeunes appelés américains, vos soldats n’arrivent pas à contrôler les campagnes, ou alors avec detrès lourdes pertes. Les Viet-Congs sont insaisissables. Ils profitent à fond de la connaissance du terrain, enparticulier de la jungle, milieu hostile pour vos troupes. L’ennemi s’y cache facilement et vos blindés ne peuventy pénétrer. Les Viet-Congs sont ravitaillés par une piste de montagne presque impossible à couper puisqu’elletraverse des pays voisins (Cambodge, Laos) dans lesquels vous n’avez pas le droit d’entrer avec vos troupes. Lapopulation de votre pays commence à douter de cette guerre, en théorie menée au nom de la liberté mais qui faitplusieurs dizaines de morts par jour dans les familles américaines. De Gaulle vous fait savoir que c’estexactement ce que vient de subir la France en Algérieen 1962 : son armée était la plus puissante, mais elle n’ajamais contrôlé à fond le pays et surtout la population française en avait assez; c’est pour cela qu’elle a perdu la
guerre. «On ne peut gagner contre un peuple qui mène une guerre de libération" ajoute-t-il.
Que décidez-vous ?
- retirer immédiatement toutes les troupes avant de subir une défaite et laisser les Vietnamiens se débrouiller ?
Allez en 25.
- comme les troupes conventionnelles ne remportent pas de victoire décisive, pourquoi pas passer à une intimidation nucléaire, comme vous le conseillent certains de vos généraux ? Allez en 20.
- renforcer encore plus vos troupes au Sud-Vietnam (plus de matériel et plus d’hommes) pour éradiquer définitivement tous les maquis viet-cong, tout en bombardant jour et nuit le Nord-Vietnam pour l’affaiblir ?
Allez en 28.
- commencer en même temps un retrait et une négociation pour préparer une paix la moins mauvaise pour vous ?
Allez en 40.






6 : vous êtes resté dans l’histoire comme un président qui a su éviter une guerre sans doute inutile au Vietnam, mais qui a en a payé un prix élevé (certains parlent de trahison, d’autres de faiblesse coupable). Les alliés des Etats-Unis sont devenus beaucoup plus méfiants et par conséquent beaucoup moins obéissants. Même le fidèle Royaume-Uni a pris ses distances avec son « grand frère ». L’image des Etats-Unis est donc ternie. FIN




7: les chefs communistes acceptent. Vous laissez donc Berlin-Ouest à la RDA, qui l’occupe militairement dès le lendemain, provoquant des drames dans la population berlinoise de l’Ouest (suicides, révoltes contre les chars soviétiques vite écrasées dans le sang, échecs des nombreuses tentatives de fuite). La RFA (Allemagne de l’Ouest) dénonce son alliance avec les Etats-Unis, qu’elle accuse de trahison. Elle décide de devenir parfaitement neutre, comme l’Autriche, la Finlande ou la Suisse. Vous avez perdu votre allié le plus proche du camp communiste en Europe. Allez en 37 pour savoir ce qu’est devenu le Vietnam.





8: la « conférence internationale pour la paix au Vietnam » s’ouvre à Genève, sous la direction de l’ONU. Vous y êtes présents ainsi que le premier ministre chinois, Nikita Khroutchev pour l’URSS (qui fait encore un scandale devant les journalistes occidentaux), les représentants des gouvernements sud et nord-vietnamiens (Hô Chi Minh, affaibli, ne souhaitant pas se déplacer), le tout devant des centaines de journalistes qui se demandent si la guerre froide va reprendre de plus belle ou si la coexistence pacifique va se poursuivre. Dans les premières réunions, quelle attitude adoptez-vous ?
- vous décidez de ne rien céder, pour montrer votre fermeté aux communistes. Qu’ils commencent par démolir le Mur de Berlin d’abord ! Allez en 4.
- vous proposez que, pour une fois, l’ONU serve à quelque chose en envoyant des Casques Bleus. Ils devraient se placer sur le 17 e parallèle et empêcher que le Nord et le Sud-Vietnam n’essaient de s’envahir, un peu sur le modèle de la Corée. Allez en 43.
- vous voulez que le Vietnam soit réunifié en un seul pays, mais qu’il devienne un pays de votre camp. En échange, vous proposez de laisser au camp communiste un territoire que vous contrôlez et qu’il convoite. Allez en 16.




9 : tous les généraux qui vous entourent sont unanimes. A ce stade de la crise, gagnera celui qui frappe le premier, avec une telle force que l’ennemi ne pourra pas riposter. C’est le meilleur moyen de gagner définitivement et radicalement cette maudite guerre froide. Après une nuit de prières, vous décidez de vous ranger à leur avis et, réfugié dans les bunkers souterrains du Strategic Air Command, vous déclenchez le feu nucléaire sur la Chine et l’URSS simultanément. La Troisième Guerre mondiale commence. Allez en 15.





10 : vos diplomates sont très bien reçus par Hô Chi Minh à Hanoï et le chef communiste du Nord-Vietnam se montre très ouvert. Mais il ne veut rien céder et il fait traîner les négociations sur des points de détails. Vos services de renseignements vous informent que les espions et les maquisards du Nord-Vietnam sont de plus en plus nombreux au Sud-Vietnam. Bref, pendant que le Nord fait mine de discuter avec vous, il se renforce au Sud. Furieux, vous quittez les négociations sans avoir rien cédé ou reçu. Il vous reste d’autres solutions : négocier avec un autre pays comme la Chine (allez en 42), l’URSS (allez en 27), organiser une conférence internationale (allez en 8) ou montrer votre mécontentement en renforçant l’aide militaire au Sud-Vietnam puisque le Nord-Vietnam se moque de vous (allez en 12).




11 : privé du soutien des Etats-Unis, le Sud-Vietnam est envahi par les armées communistes du Nord dès 1965. Vous venez de perdre un pays allié et les autres pays de votre camp se demandent si vous allez vraiment tenir votre parole de les protéger en cas d’invasion communiste. Seule la France du général De Gaulle vous félicite pour avoir su éviter une guerre. L’histoire retiendra votre nom comme celui d’un président pacifique mais qui a manqué de fermeté face au bloc communiste. FIN.




12 : vous êtes décidé à ne pas vous laisser faire au Vietnam. Si le Sud-Vietnam tombe aux mains des communistes, c’est bientôt toute l’Asie qui risque d’y passer, comme des dominos qui s’entraînent dans leur chute. Il faut donc militariser le conflit. Mais comment ?
- en impressionnant l’ennemi de manière radicale, par le déploiement de fusées à tête nucléaire au Sud- Vietnam ? C’est exactement ce qu’avait fait Khroutchev à Cuba en 1962. Cette fois, c’est vous qui êtes maître du jeu et vous n’allez sûrement commettre les mêmes erreurs que lui ! Allez en 20.
- en renforçant les troupes « conventionnelles » (l’armée de terre, les marines, la marine, l’air force), car ça suffira à écraser une armée de paysans qui se battent pieds nus. Votre armée est la meilleure du monde, elle l’a prouvée plusieurs fois. Les risques de dérapage nucléaire sont en plus moins grands. Allez en 18.




13 : quelques semaines après le départ de vos conseillers, l’armée nord-vietnamienne aidée par les maquisards viet-congs s’empare facilement du Sud-Vietnam. Le Vietnam est réunifié par une dictature communiste. Vous avez perdu un allié et l’histoire retiendra votre nom comme celui d’un président qui n’était pas à la hauteur des défis de l’époque. FIN.





14 : malgré d’inévitables difficultés, les négociations entre les Nord-Vietnamiens, les Sud-Vietnamiens et les Etats-Unis (entamées à Paris) progressent. Les Nord-Vietnamiens sont déterminés mais épuisés et ils veulent autant la paix que vous. Vous décidez de stopper les bombardements sur le Nord. En 1973, les accord de Paris sont signés. Ils prévoient l’arrêt de la guerre, la fin de l’intervention des Etats-Unis au Sud comme au Nord et leur retrait total, l’échange des prisonniers de guerre, la coexistence au Sud des communistes et de la dictature militaire actuelle. Les deux principaux négociateurs, Lê Duc Tho pour le Nord-Vietnam et Kissinger, votre ministre, reçoivent le Prix Nobel de la Paix. Allez en 17.




15 : comme tous ceux qui réfléchissent un peu l’avaient prédit, cette guerre fut la dernière de l’humanité. Contrairement à ce qu’avaient affirmé vos généraux, l’URSS a eu le temps de riposter et la quasi-totalité du territoire des Etats-Unis est dévastée : des villes entières comme New York, Washington, Los Angeles ou Chicago n’existent plus, comme Moscou, Pékin, Shanghaï ou Léningrad. Mais c’est aussi le cas de presque toute l’Europe, ravagée par le feu et le souffle des centaines explosions nucléaires. La poignée de millions de survivants sur Terre (presque tous chinois) maudissent votre nom qui deviendra un synonyme bien pire de « démon » ou « satan ». De toute façon, leurs chances de survie sont limitées : plus aucune communication n’est possible, les grands hôpitaux urbains ont disparu, l’eau, la terre et l’air sont contaminés par les radiations et « l’hiver nucléaire
» commence (le nuage de poussière terrestre soulevé par les explosions est tel qu’il cache le soleil pour une très longue durée...). Bien sûr, vous êtes mort avec plus de la moitié de l’humanité. FIN




16: en échange du Nord-Vietnam que vous voulez récupérer, vous comprenez qu’il vous faut céder un de vos territoires aux chefs communistes. Quel territoire leur proposez-vous ?
- Berlin-Ouest ? Après tout, cette enclave occidentale en pleine RDA communiste pose trop de problèmes (surtout depuis la construction du Mur) et cela permettrait d’apaiser les tensions en Europe. Allez en 7.
- Cuba où vous renoncez au blocus mis en place par Kennedy pour punir Castro (le dictateur communiste de l’île) d’avoir accueilli en 1962 les fusées soviétiques pointées sur les Etats-Unis ? Après tout, cette crise est finie et cela permettrait de montrer au monde entier que la coexistence pacifique est une réalité grâce aux Etats-Unis. Allez en 41.
- Taiwan, petit île chinoise mais occupée par des anti-communistes et que la Chine communiste de Mao réclame depuis des années ? Après tout, ce sont les communistes qui ont gagné en Chine et ils ont le droit de récupérer tout leur territoire. Cela éviterait aux Etats-Unis de continuer à dépenser une fortune pour continuer à la protéger. Allez en 22.
- la Corée du Sud, pour que l’échange contre le Nord-Vietnam soit parfaitement équitable (la situation de ces deux pays est équivalente, chaque camp récupérait un pays entier sans rien perdre et cela diminuerait les risques de guerre puisqu’il y aurait moins de frontières) ? Allez en 33.





17 : très vite et assez logiquement, les accords ne sont pas respectés au Sud car Nord et Sud-Vietnamiens continuent à se battre. Mais privés de votre soutien, l’armée sud-vietnamienne est battue. Les communistes prennent Saïgon, la grande ville du Sud en 1975 que vous devez évacuer précipitamment. Le Vietnam est réunifié par une dictature communiste. Hanoï devient Hô Chi Minh Ville. La même année, le Laos devient à son tour une dictature communiste. Au Cambodge, des fanatiques communistes soutenus par la Chine (les Khmers Rouges) prennent la capitale et commencent un des plus grands génocides de l’histoire contre leur propre population. Le camp communiste contrôle désormais l’ancienne Indochine française. Cette défaite marque tellement les esprits aux Etats-Unis que, encore aujourd’hui, de nombreux films sont tournés pour comprendre ce qui s’est passé (
Rambo, Platoon, Apocalypse Now, Voyage au bout de l’Enfer ...).
Ce conflit est devenu plus important. pour les Américains que la Seconde Guerre mondiale. L’histoire retiendra votre nom comme le seul Président qui a fait perdre une guerre aux Etats-Unis : le Vietnam. FIN.





18 : vous disposez de la meilleure armée du monde au niveau de la qualité du matériel et des officiers. Elle se compose de l’armée de terre (fantassins, artillerie, hélicoptères, chars...), des marines (troupes d’élite), de la marine (sous-marins, porte-avions...), de l’air force (chasseurs et bombardiers). Les troupes spéciales (SEAL, bérets verts, espionnage...) sont très efficaces. Le tout est commandé au Pentagone à Washington. Lesquelles utilisez-vous et comment ?
- vous mobilisez toutes les troupes pour envahir le Nord-Vietnam. Allez en 3.
- vous utilisez les meilleures unités pour renforcer la défense du Sud-Vietnam. Allez en 24.




19 : le prétexte est trouvé (un incident confus entre bâteaux de guerre US et nord-vietnamiens dans les eaux internationales au large du Vietnam) et vous lancez votre gigantesque rouleau compresseur militaire à l’assaut du Nord-Vietnam. Les premières semaines de guerre se passent formidablement bien : vos troupes avancent même plus vite que prévu, balayant la faible armée nord-vietnamienne, motivée mais très mal équipée. Dans certains villages, les paysans vous accueillent comme des libérateurs. Allez en 2.




20: vous déployez alors au Sud-Vietnam des fusées porteuses de bombes atomiques pointées sur le Nord et sur la Chine. Les protestations sont violentes dans le camp communiste (mais vous vous y attendiez), mais aussi dans votre camp, en particulier du général De Gaulle qui critique votre inconscience et les menaces directes sur la paix. Décidez-vous de les retirer ?
- oui, car on risque une guerre nucléaire. Vous décidez de les remplacer par un renforcement des troupes classiques : allez en 18.
- non, ce n’est surtout pas le moment de céder. Si les communistes protestent, c’est qu’ils ont peur. Allez en 29.




22: les chefs communistes acceptent. Vous annoncez que la Chine de Mao a le droit de récupérer Taiwan, ce qu’elle fait dans la semaine. Une guerre terrible ravage l’île pendant plusieurs mois car les Taiwanais combattent jusqu’à la mort plutôt que de se rendre aux troupes communistes débarquées. Effrayés par cette trahison de votre part, vos alliés asiatiques se méfient de vous : certains se rapprochent de l’URSS et d’autres, comme le Japon, décident de devenir des pays neutres et non-alignés (sur le modèle de la Suisse). Vous perdez donc de nombreux alliés en Asie et dans le Pacifique. Allez en 37 pour savoir ce qu’est devenu le Vietnam.




24: pour soutenir l’armée du Sud-Vietnam avec la vôtre, il existe plusieurs solutions :
- continuer ce qu’avait commencé J.F. Kennedy, c’est à dire envoyer seulement des conseillers militaires et quelques troupes spéciales, plutôt destinées à entraîner et commander qu’à se battre directement ? Allez en 35.
- envoyer l’armée de terre, les marines et les troupes spéciales se battre pour éliminer les maquis communistes au Sud-Vietnam ? Cela suppose d’autoriser la conscription, c’est à dire d’envoyer des jeunes Américains faire un service militaire là-bas sans leur demander leur avis. Allez en 30.
- envoyer l’armée de terre et les marines se battre pour éliminer les maquis communistes au Sud-Vietnam, en utilisant la conscription, mais avec en plus un bombardement aérien massif et continu contre le Nord-Vietnam pour l’affaiblir ? Allez en 28.




25 : effrayé par l’idée qu’une petite guerre au Vietnam puisse dégénérer en guerre mondiale entre l’Est et l’Ouest, vous retirez petit à petit vos conseillers militaires du Sud. Après tout, ce problème est d’abord l’affaire des Vietnamiens : s’ils veulent vivre dans une dictature communiste, c’est leur problème. De toute façon, les Etats-Unis connaissent des problèmes graves comme les droits des Noirs que JFK voulait améliorer ou encore le programme spatial Apollo pour la conquête de la Lune (afin de ridiculiser l’URSS). Il ne faut pas compromettre les débuts de « coexistence pacifique » entre les Etats-Unis et l’URSS que Khroutchev a proposée. Allez en 11.





26 : vous avez décidé de retirer vos fusées pour calmer l’agitation internationale et pour satisfaire les demandes de tous les pays du monde qui vous suppliaient de ramener la paix. La Chine fait reculer ses troupes derrière la frontière nord-vietnamienne.
- après la frayeur de votre vie, vous pouvez décider de tout abandonner : allez en 25.
- sinon, vous ne voulez pas céder complètement et décidez de continuer la pression militaire sur les communistes, mais par un autre moyen, avec des troupes classiques (or, les vôtres sont excellentes) : allez en 18.
- cette crise vous a fait comprendre que seule une négociation ramènerait la paix : allez en 34.





27 : vous rencontrez Khroutchev qui est moins sûr de lui que d’habitude et qui vous fait comprendre que les Vietnamiens ont le droit de choisir librement leur gouvernement, surtout s’il est communiste. Vous devinez que vous n’obtiendrez rien de lui. Il vous reste d’autres solutions : négocier avec un autre pays comme la Chine (allez en 42), le Nord-Vietnam (allez en 10), organiser une conférence internationale (allez en 8) ou montrer votre mécontentement en renforçant l’aide militaire au Sud-Vietnam puisque l’URSS ne veut rien entendre (allez en 12).




28 : vous décidez de renforcer la guerre contre les maquis du Viet-Cong au Sud, tout en bombardant massivement le Nord-Vietnam pour en finir au plus vite. Malgré quelques victoires importantes sur le terrain (comme celle du Lieutenant-Colonel Moore à la Drang en 1965 et l’échec de l’offensive générale du Nord à la fête du Têt en 1968), la guerre s’enlise et dure des années. Les maquis viet-congs n’ont pas disparu. La jungle vietnamienne reste dangereuse, malgré les opérations « Search and Destroy » (Rechercher et Détruire). Une grande partie de la population vietnamienne souhaite votre départ. La dictature militaire qui dirige le Sud-Vietnam est corrompue, incapable et les dirigeants sont souvent assassinés lors de coups d’Etat. Vos bombardements sur le Nord-Vietnam sont terribles, mais l’ennemi ne cède pas. Comme vous avez aussi bombardé les pays voisins où les Viet-Congs avaient leurs bases (Laos et Cambodge), l’ONU proteste.
Vos alliés vous conseillent de vous retirer avant qu’il ne soit trop tard, certains vous critiquent même en public comme cet insupportable général De Gaulle. Mais surtout, la population des Etats-Unis commence à protester : les familles qui ont perdu un fils à l’autre bout du monde dans une guerre qu’elles ne comprennent pas, les étudiants qui brûlent leurs papiers militaires et manifestent dans les grandes villes en faveur de la paix, les journalistes que vous avez laissés complètement libres de tout photographier et filmer et qui rapportent des images terrifiantes de victimes civiles (comme des enfants), des soldats qui craquent et qui massacrent des villageois comme à My Laï (ou qui se droguent pour tenir), des anciens combattants qui sont écoeurés de la guerre et qui jettent en public leurs médailles, les Noirs qui trouvent qu’ils n’ont pas à aller se faire tuer pour une guerre de Blancs, votre secrétaire d’Etat aux finances qui vous fait remarquer que la guerre engloutit des milliards de dollars... Que décidez-vous ?
- vous sentez qu’il reste un petit effort à faire pour remporter la guerre, ce que vous annoncez à la télévision américaine. Le sondage est mauvais pour vous le lendemain, mais vous intensifiez l’effort de guerre au Sud- Vietnam. Allez en 44.
- retirer immédiatement toutes les troupes avant de subir une défaite et laisser les Vietnamiens se débrouiller  ? Allez en 25.
- comme les troupes conventionnelles ne remportent pas de victoire décisive, pourquoi pas passer à une intimidation nucléaire, comme vous le conseillent certains de vos généraux ? Allez en 20.
- commencer en même temps un retrait et une négociation pour préparer une paix la moins mauvaise pour vous ?
Allez en 40.





29 : l’URSS vous menace de représailles directes si un de vos missiles atomiques est lancé. La Chine communiste envoie des armées entières au Nord-Vietnam. Mao déclare que les Chinois sont les seuls qui peuvent remporter une guerre nucléaire, même s’ils n’ont pas d’armes atomiques : ils sont en effet beaucoup plus nombreux et capables de supporter plusieurs dizaines de millions de morts...ce qui n’est pas votre cas. C’est l’affolement général dans le monde entier. La peur d’une troisième guerre mondiale revient, comme en 1962 avec la crise de Cuba.
Décidez-vous finalement de retirer vos fusées en geste d’apaisement ? Si oui, allez en 26.
Sinon, allez en 9 pour poursuivre l’escalade de la terreur.




30: plus les années passent, plus le nombre de soldats US envoyés au Sud-Vietnam est important. On atteint vite plusieurs centaines de milliers de soldats et une dépense de plusieurs millions de dollars par jour. Allez en 5.




32 : malheureusement pour vous, vos envois de spécialistes ne suffisent pas. L’armée sud-vietnamienne contrôle mal son territoire et au fur et à mesure, elle le contrôle de moins en moins. Les campagnes sont passées presque entièrement aux mains des communistes, les Viet Congs. Au bout de deux ans, vous décidez finalement de rapatrier tous vos hommes à partir de la seule ville sûre, Saïgon. Allez en 13.





33 : les chefs communistes acceptent. Vous vous retirez de la Corée du Sud, immédiatement envahie par la Corée du Nord qui y installe une des plus terribles dictatures totalitaires (plusieurs millions de morts). Effrayés par cette trahison de votre part, vos alliés asiatiques se méfient de vous : certains se rapprochent de l’URSS et d’autres, comme le Japon, décident de devenir des pays neutres et non-alignés (sur le modèle de la Suisse). Vous perdez donc de nombreux alliés en Asie et dans le Pacifique. Allez en 37 pour savoir ce qu’est devenu le Vietnam.





34 : l’expérience de Cuba en 1962 lors de la crise des fusées vous a appris qu’il fallait toujours rechercher une solution négociée lors des crises plutôt que de provoquer un conflit. Vous lancez donc des négociations, mais avec qui ?
- si vous négociez avec l’URSS (car c’est le pays qui dirige le bloc communiste), allez en 27.
- si vous négociez avec la Chine (car c’est le pays qui soutient directement le Nord-Vietnam et le pays le plus menaçant), allez en 42.
- si vous négociez directement avec le gouvernement du Nord-Vietnam (car il est le premier concerné et vous pensez pouvoir facilement l’influencer), allez en 10.
- si vous préférez organiser une conférence internationale à Genève au sommet avec l’URSS, la Chine, le Nord- Vietnam, le Sud-Vietnam, le tout sous la protection de l’ONU, allez en 8.





35 : pendant quelques années, vous envoyez donc de nombreux officiers et des troupes spéciales pour encadrer l’armée sud-vietnamienne qui, elle, se charge de lutter contre les maquisards communistes sur son territoire. Allez en 32.





37 : Le Vietnam réunifié est certes resté dans le camp des Etats-Unis. Il est devenu un « nouveau pays industriel
» qui s’est vite enrichi, spécialisé dans l’électronique familiale et les biotechnologies. Mais il est aussi devenu une dictature militaire corrompue, régulièrement dénoncée pour la violation des droits de l’homme contre les peuples de montagnes à l’intérieur du pays. En plus, sa frontière avec la Chine communiste a été l’occasion de plusieurs attaques, mal connues, sauf des Etats-Unis qui protègent le Vietnam en dépensant énormément d’argent et d’efforts. Et qu’êtes-vous devenu ? Allez en 6.




38 : vingt ans plus tard, le Vietnam est toujours coupé en deux. Le Nord-Vietnam est resté une dictature communiste, très soutenue par l’URSS qui l’a surarmé pour se défendre à la fois contre le Sud-Vietnam mais aussi contre la Chine (puisque la Chine et l’URSS se détestent). Certains prétendent que des recherches nucléaires y ont lieu pour doter le Nord-Vietnam d’armes atomiques. Le Sud-Vietnam est devenu une grande puissance économique mais il ressemble plus à une dictature d’extrême-droite qu’à une démocratie. Les Etats- Unis ont dépensé une fortune pour équiper l’armée du Sud, pour empêcher une possible invasion du Nord. Plus question d’organiser des élections libres, aucun des deux camps n’en veut. Les Casques Bleus sont toujours là. Le Vietnam reste une zone de grande tension internationale. L’histoire a retenu que le traité de Genève n’a pas tenu ses promesses mais que votre décision de faire appel à l’ONU a surtout eu pour intérêt d’éviter une guerre. FIN





40 : vous décidez donc de commencer des négociations secrètes avec le Nord-Vietnam et d’arrêter d’envoyer des troupes supplémentaires au Vietnam. Vous commencez à les faire rentrer aux Etats-Unis dès 1969, tout en continuant à mener la guerre sur le terrain. Pour la première fois, le nombre de soldats US (vivants ... et morts) diminue au Sud-Vietnam. Allez en 14.





41 : les chefs communistes acceptent. Vous levez donc le blocus autour de Cuba en échange du Nord-Vietnam. L’URSS n’en profite pas pour recommencer à y installer des fusées, mais renforce considérablement l’armée cubaine. Cuba devient une base pour soutenir toutes les guérillas communiste en Amérique latine contre vos alliés de ce continent, complètement destabilisé par de nombreuses guerres civiles. Allez en 37 pour savoir ce qu’est devenu le Vietnam.



42 : Mao, le dictateur communiste de la Chine, refuse de vous rencontrer. La presse chinoise (contrôlée par la propagande) se déchaîne violemment contre les Etats-Unis, vous traitant de « hyène capitaliste et impérialiste »,
menaçant même d’organiser une armée « libre » de « volontaires » chinois pour aller aider le Nord-Vietnam. Il vous reste d’autres solutions : négocier avec un autre pays comme l’URSS (allez en 27), le Nord-Vietnam (allez en 10), organiser une conférence internationale (allez en 8) ou montrer votre mécontentement en renforçant l’aide militaire au Sud-Vietnam puisque la Chine vous provoque (allez en 12).




43 : malgré de nombreuses difficultés, la négociation aboutit et le traité de Genève est signé. Il prévoit le maintien du 17 e parallèle comme « ligne de séparation » (ça ne peut en effet être une frontière puisque c’est le même pays), le déploiement temporaire des Casques Bleus sur cette ligne, la promesse officielle des gouvernements du Sud et du Nord-Vietnam de ne pas chercher à s’envahir par la force (avec des inspections de l’ONU), la tenue d’élections libres surveillées par l’ONU dans vingt ans pour une éventuelle réunification. Le monde entier salue la réussite de la conférence puisque la pays est sauvée. Les chefs, comme vous, qui ont mené cette conférence sont applaudis partout dans le monde. Vous recevez le Prix Nobel de la Paix. Vingt ans plus tard... allez en 38.





44 : malheureusement pour vous, la guerre s’enlise sans aucun résultat, sauf une opposition de plus en plus forte à la guerre dans le monde et chez vous. Retournez en 28